Washington NOVEMBRE 2005 – Une balade à « couper le souffle »

novembre 19th, 2005 Posted in MONTAGNE

Il y a plusieurs bâtiments, mais il n’y a rien d’ouvert pendant l’hiver. C’est vraiment con. Tout est placardé avec du plywood et c’est barré. S’il t’arrive un malheur en haut …tu est fait… À voir le bâtiment principal qui est retenu au sol par des grosses chaines, ça te donne une idée des conditions que l’on peut retrouver ici. J’ai fini par avoir mal au genou gauche en montant. Alors la descente avec les crampons dans une pente raide, mais plate comme une pente de ski, s’annonce mal. Je dois zigzaguer de droite à gauche pour m’empêcher d’avoir mal, mais surtout pour tenter de me protéger le genou. Il y 4 heures de descente qui m’attendent.

On finit par sortir du nuage. À chaque mètre descendu, on se réchauffe. Ça devient plus supportable comme température, on peut se détendre un peu. Il y a un bon 2 heures de descente à travers les cailloux la glace et la neige. Un peu d’escalade à l’occasion où les bâtons ne servent pas à grand-chose. Il faut se tenir aux rochers ou aux branches d’arbres avec les mains. Puis nous arrivons à la dernière étape. Ça devrait être facile car la pente est douce. Habituellement ça se fait en environ 1 heure. Écoeurés des crampons, nous sommes 3 à décider de les enlever. Ça sera une erreur. Le soleil se couche rapidement et nous nous retrouvons à la noirceur. Mathieu qui est le seul à avoir conserver ses crampons, sort sa lampe frontale.

À quelques reprises nous entendons devant nous le bruit que fait une personne lorsqu’elle tombe sur le sol en glissant. Renaud, tombe à quelques reprises, heureusement, sans se blesser ….le pauvre, c’est lui qui nous ouvre le chemin en marchant devant nous. J’ai pour ma part failli tomber plusieurs fois, mais comme Renaud nous sert de balise, cela nous permet de nous méfier. Notre peur est de glisser dans l’un des fossés de chaque côté de la piste. Mathieu, un peu fatigué de nous attendre, finit par nous distancer. Tout ce que nous avions à faire: remettre les crampons. Je possédais aussi une lampe frontale dans mon sac, mais je ne m’en suis pas servi. Pourquoi cela s’est-il passé ainsi ??? On a finit par arriver, moi un peu plus tard que les autres. Dans les dernières minutes, je suis un véritable zombi.

Conclusion

C’est la première fois de ma vie, que j’atteint un tel niveau de fatigue. Cela m’a amené à commettre des erreurs de jugement, qui auraient pu avoir des conséquences graves.

  • J’avais peur de geler des pieds en haut. Pour éviter que cela ne se produise, je n’avais pas attaché mes bottes serrées. Je n’ai jamais eu la force, ni l’idée de les resserrées, ni avant la descente, ni plus tard. Dans la descente, à mi-montagne, j’avais l’impression de marcher dans des pantoufles de fentex avec des lames de patins. À chaque pas, les pieds me virait de tous les côtés. Mes chevilles étaient mise à rude épreuve.
  • J’étais le moins performant, donc je suis devenu le retardataire. Malgré tout, je voulais m’arrêter pour prendre des photos. Alors, pour ne par retarder les autres et reprendre le temps perdu, je ne prenais pas le temps de boire même si j’avais soif.
  • Lorsque je me suis rendu compte que mes bottes étaient probablement beaucoup trop déserrées…je n’ai pas été capable de prendre la décision de m’arrêter pour les serrer. Je n’avais plus une seule idée en tête = avancer, même à bout de souffle et avec la soif, pas après pas.
  • Lorsque nous avons enlevé les crampons, j’ai été incapable de prendre la décision de les remettre, lorsque j’ai pensé que ça serait préférable de le faire. Je préférais tâter entre les roches pour trouver un endroit approprié pour enfoncer les bâtons et avancer d’un petit pas sans tomber.
  • Il faisait complètement noir depuis une bonne demie-heure, et je marchais toujours sans ma lampe frontale. Je n’étais pas capable de prendre la décision d’arrêter, d’enlever mon sac et de la récupérer.
  • J’avais tellement sollicité mes muscles des jambes et des bras pour me soutenir sur les spikes, vue mes bottes trop lousses, que je n’avais plus de force.

Maintenant, je n’ai plus qu’un chose en tête…. refaire tout ça en me promettant de ne plus faire les mêmes erreurs. Cette montagne est merveilleuse, en beauté et en défis.


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